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22/08/2009

Pour Pascal, aujourd'hui, les Verts «incarnent un désir d'avenir»

PORTRAIT - Rencontre avec Pascal Dacheux, élu régional Verts en Picardie...

Pascal Dacheux, 49 ans, brigue la tête de liste Europe écologie aux élections régionales en  Picardie en mars prochain. Sur une liste autonome au premier tour. «Pour nous sentir libre et faire campagne sur un programme qui nous ressemble à 100%».  Avec le bon score d'Europe écologie aux européennes et l'enlisement du PS, il confie, avec un regard malicieux, qu'il a le sentiment qu'aujourd'hui, ce sont les Verts qui «incarnent un désir d'avenir».

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Petit-fils d'agriculteur, il est actuellement élu du conseil régional, chargé des délégations agriculture et environnement. Successivement pharmacien, journaliste et maintenant agriculteur bio (depuis 1998), l'écologie s'est progressivement imposée à lui.

«La capacité des hommes à vivre dans leur environnement me fascine»

Pascal a bourlingué au total deux ans en Afrique, par séjours successifs. «Ce qui me fascine, c'est cette capacité qu'ont les hommes à vivre dans leur environnement quel qu'il soit, et surtout, leur capacité à l'organiser dans l'équilibre, dans une apparente durabilité. C'est ce qu'on voit chez les pygmées, les touaregs, les eskimos...»

pascal.jpgC'est sans doute cette prise de conscience qui est à l'origine de l'engagement politique de Pascal, aujourd'hui Vert, qui avait pourtant voté Giscard en 1981. «Je suis issu d'un milieu familial de droite, donc au départ, j'ai suivi mes parents.»

Mais les «expériences» et les «rencontres» ont influencé ses idées. «Par mon métier, j'ai une sensibilité à la nature. Je suis entré chez les Verts par l'environnementalisme et pas par le chemin social, ou la défense des sans-papiers. Dans mon métier, par exemple, je n'ai pas supporté la distance avec la nature dans la pratique productiviste».

«Moi aussi, je voulais y participer»

C'est quand Dominique Voynet entre au gouvernement Jospin que Pascal adhère chez les Verts. «Je suis pragmatique, donc l'entrée dans le gouvernement, ça rendait l'action possible, et moi aussi, je voulais y participer.»

D'abord simple «colleur d'affiche», il gravit les échelons. Après une défaite aux législatives, il est finalement élu aux régionales de 2004, en Picardie, sur une liste d'union avec le PS et le PC.

«Je sais ce que c'est d'être bio»

Au quotidien, il travaille avec les agriculteurs de la région, les sensibilise à l'environnement... «Pour eux c'était gênant de travailler avec moi au début: tant que ce sont des écolos de la ville qui n'y connaissent rien, avec quelques termes techniques, ils les perdent.» Pascal Dacheux, avec sa ferme, ses vaches et son blé, lui, sait de quoi il parle. «Je sais ce que c'est que d'être bio, donc c'est dur de me dire que ce n'est que de l'utopie...»

Même s'il sait qu'il n'est «toujours pas supporté par bon nombre de personnes à la FNSEA», il est satisfait d'avoir un peu fait infléchir et réfléchir. Des choses simples, qu'il a fallu réaffirmer: «une vache, ça peut manger de l'herbe, remettre l'agronomie au cœur du système, à la place de la chimie, etc.» Il a également aidé à la création d'AMAP, parce que «les seuls légumes qu'on produisait ici, en Picardie, c'était pour des boîtes, pour Bonduelle»...

Le bio, ça «donne une satisfaction», note-t-il, «on a le sentiment d'être autonome, on ne dépend pas de la chimie. Un peu comme les touaregs et les autres tribus: je suis comme eux dans ma ferme, avec mon environnement, j'arrive à organiser ma vie, durablement.»

Oriane Raffin

21/08/2009

Aux journées d'été, on aborde tous les sujets

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De l’Orange dans le Vert?

POLITIQUE - L'alliance avec le MoDem ne quitte pas la bouche des militants depuis que Daniel Cohn-Bendit l'a évoquée. Et parmi la foule, il y a même un partisan de François Bayrou...

Malgré la chaleur les 2.000 militants écolo sont là, motivés par les débats, prêts à échanger autour d'un verre dès les forums terminés. Ce qui fait réagir ce vendredi? Notamment les propos de Daniel Cohn-Bendit, parlant de l'ouverture aux autres partis, et, pourquoi pas, jusqu'au MoDem.

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«Moi je suis pour», explique Jean, écologiste depuis René Dumont, et responsable associatif. «Quand on voit les dangers réels auxquels on va être exposés, et surtout la nécessité d'une action globale urgente, je me dis qu'on aura besoin de tout le monde. Les gens doivent se mobiliser».

«S'opposer à la vacuité sarkozienne»


militants.jpgReste qu'il faudra créer un programme commun: «nous devons être avoir un programme crédible pour s'opposer à la vacuité sarkozienne», explique Jean, qui s'implique sur les énergies renouvelables dans la Loire. Le côté auberge espagnole du rassemblement ne l'inquiète pas: «du chaos jaillissent des étincelles!».

Dans l'ensemble, les militants sont tous pour l'ouverture. Europe écologie a même été déterminant pour cet adjoint au maire de l'Essonne. «Je ne m'investissais pas du tout chez les Verts, les querelles de personnes ne m'intéressaient pas. L'été dernier, je suis allé aux Journées d'été sans y croire. Je ne pensais pas qu'on y arriverait.» Emballé par le résultat, il s'implique désormais beaucoup plus dans son parti.

«Le pari de Daniel Cohn-Bendit est fantastique, et il l'a gagné». Alors le MoDem, pourquoi pas. «Ca ne me gêne pas, si les gens du MoDem accepte l'idée de revenu maximum avec nous. Parce qu'il y a un moment que ça ne va pas.»  

Un Orange parmi les Verts


Ce documentaliste rejoint même le MoDem sur certains points. «Sur la dette publique, le MoDem est crédible, et là, j'aimerais que les Verts reprennent son projet.» Une idée qui ne déplairait pas à Joël, 32 ans, éco-entrepreneur et surtout seul présent aux journées d'été avec un tee-shirt... orange MoDem. Militant, il l'affiche haut et fort «je suis là à titre privé, mais je le montre, pour pas qu'on me taxe d'espionnage.»

Pourquoi venir alors? «Je n'ai pas l'intention de changer de camp», s'amuse-t-il, «mais je suis très engagé pour l'environnement, et je trouvais intéressant de venir. Dans le concret, on a beaucoup de points d'accord. En plus, le débat s'ouvre facilement ici.» La proposition de Daniel Cohn-Bendit ne lui déplait pas, même s'il regrette qu'Europe écologie reste focalisé sur le clivage droite/gauche.

Joël pense qu'une alliance au second tour des élections régionales serait «une chance pour les deux partis. On pourrait faire bouger les clivages!». D'ici là, il arbore son tee-shirt orange, qui ne manque pas d'interpeller les Verts.

Oriane Raffin

 
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